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08/04/2012 - 30/09/2012
La mer à l'encre
LA MER A L’ENCRE Trois siècles de cartes marines Du Moyen Age au siècle des Lumières Du 8 avril au 30 septembre 2012 Musée de l’ancienne abbaye de Landévennec Au-delà d’un voyage dans la fabuleuse iconographie des cartes et planisphères d’autrefois (avant Beautemps-Beaupré), il s’agit d’interroger la pratique des marins. L’exposition – ponctuée d’images magnifiques – met en scène une confrontation constante entre symbolisation cartographique et pratique de la navigation, entre l’œil du cartographe et l’expérience concrète du pilote. De l’un à l’autre, la distance était parfois considérable et l’art de naviguer largement une question … de flair ou de « sens marin ». L’une des premières cartes exposées est un portulan, carte marine qui nous paraît bien sommaire aujourd’hui pour éviter les nombreux écueils qui guettent le marin. De cette représentation, découle la problématique de l’exposition : comment un navigateur d’autrefois se repérait-il en haute mer ? La carte était-elle indispensable ? Comment interprétait-on les données d’une carte ? A) Les premières cartes françaises : Expliquer la genèse de la cartographie serait beaucoup trop long. Nous avons donc volontairement choisi d’axer notre propos liminaire sur un moment décisif et particulièrement fécond pour ces cartes : le milieu du XVIe siècle, en Normandie. Dopées par une activité maritime foisonnante, les écoles de cartographie se développent dans certains ports normands (Dieppe, Honfleur, Rouen). De haute valeur artistique, les cartes manuscrites produites n’en restent pas moins archaïques, car marquées par la persistance d’une représentation fantasmagorique du monde. Il n’est pas rare d’y croiser des monstres, des « têtes connues » de l’Antiquité ou d’horribles mangeurs d’hommes… Des repères maritimes basiques apparaissent, mais la carte (rare et coûteuse) est surtout un outil de pouvoir réservé aux puissants. … mais le marin n’en a guère l’usage : En vue des côtes, le marin s’appuie sur un savoir expérimental transmis oralement. Au flair, la navigation côtière peut se pratiquer sans carte. Le marin utilise plutôt les routiers, qui comportent des instructions nautiques. Avec croquis et profils de côtes, information sur l’accès à divers ports, tables de déclinaison du soleil et de la lune, calcul des marées, les routiers rassemblent une somme de connaissances bien utiles. Mais s’aventurer à traverser l’Atlantique (sans GPS !) c’est une autre paire de manches… Embarqué avec quelques instruments basiques (boussole, astrolabe, quartier de Davis, premiers lochs…) pour mesurer la hauteur des astres et la vitesse du navire, le marin navigue à l’estime et ne sait pas encore se situer en longitude. Sa seule certitude : « vogue la galère… ». Sans compter que le mauvais temps empêche souvent de faire le point et que la dérive est très mal estimée... A bord, parfois (rarement), quelques cartes et plans, mais bien approximatifs : tracés de côtes subjectifs, distances aléatoires… sauf si le marin a déjà effectué le trajet et fait des relevés lui-même, qu’il aura pris soin de tenir secrets. Le XVIIe siècle produira de très beaux atlas. Leur diffusion sera favorisée par l’essor de l'imprimerie, depuis un siècle. Le début de la période verra l’apogée de la cartographie hollandaise rayonnant sur toute l’Europe, puis l’apparition d’une nouvelle génération de cartes françaises. B) Un monument d’Etat : le Neptune françois, lancé sous l’égide de Colbert... Durant le règne de Louis XIV paraît le premier atlas officiel français, le Neptune françois, en 1693. Véritable atlas nautique, composé de 29 cartes des côtes d’Europe, il constitue une étape fondamentale de la cartographie marine et sera au cœur de notre propos. Deux révolutions ont permis cette publication : d’une part, l’Académie Royale des Sciences contribue à de notables avancées en astronomie, tandis qu’à peu près au même moment est créé le corps des ingénieurs-cartographes qui effectuent des relevés d’une réelle précision (notamment hydrographiques). On s’interrogera sur la confection de ces cartes avec les moyens de l’époque. … mais le marin se méfie encore … et se réfère peu aux cartes : trop chères, de trop grand format, nécessitant trop de calculs mathématiques, trop imprécises… En tout état de cause, elles ne font pas vraiment partie de sa culture. L’empirisme et la tradition orale sont encore à la base de toute navigation. Le Neptune françois, tout moderne qu’il est, devra attendre le milieu du XVIIIe siècle pour connaître son heure de gloire. Il faudra attendre le XIXe siècle et Charles-François Beautemps-Beaupré pour obtenir des levés côtiers méthodiques. Mais c’est là un autre sujet…  Exposition réalisée par La Corderie Royale-Centre International de la Mer (Rochefort – 17) En collaboration avec le Service historique de la Défense Exposition complétée de : - Cartes hollandaises originales du XVIIème siècle présentant la côte bretonne, fonds de la bibliothèque bretonne de l’abbaye saint Guénolé de Landévennec
- Facsimilés de cartes bretonnes et borne interactive prêtées par le Service hydrographique et océanographique de la Marine
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