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Site & musée

Fondée au tournant des 5e et 6e siècles, l’abbaye de Landévennec est la fondation monastique la plus ancienne attestée en Bretagne. Située à une centaine de mètres en contrebas du « nouveau » monastère construit dans les années 1950, l’Ancienne abbaye est aujourd’hui un site archéologique et un musée. Près de 25 ans de fouilles y ont révélé 13 siècles d’histoire bretonne.


Landévennec… aux origines de la Bretagne

Situé au creux d’un vallon, au bord de l’Aulne, le monastère de Landévennec a été fondé, selon la légende, par saint Guénolé et 11 disciples à la fin du 5e siècle. Des origines, les archéologues ont découvert quelques traces: un petit oratoire entouré d’un cimetière.

Le monastère se développe dans les siècles suivants. Il devient, au 9e siècle, un lieu essentiel pour la culture bretonne : les moines adoptent la règle de saint Benoît, copient de nombreux livres, possèdent un domaine étendu. Malgré ses fortifications, le monastère ne résiste pas à un raid viking qui, en 913, met fin à ce petit « âge d’or ».

Contraints à plusieurs décennies d’exil, les moines reviennent, rebâtissent, agrandissent. Au fil des siècles, les reconstructions du monastère se succèdent, laissant chacune des traces mises au jour par les archéologues.

La communauté est dispersée à la Révolution. Vendue comme bien national, l’abbaye devient une carrière de pierres au début du 19e siècle. Dans les années 1950, les moines de Kerbénéat s’installent près de l’endroit ou ont vécu leurs prédécesseurs pendant presque 1300 ans.

Vous pouvez accéder à une visite 360° de l'abbaye en cliquant ici.

 

Un site archéologique exceptionnel

Les fouilles du site ont commencé en 1978 pour s’achever en 2002. C’est une durée tout à fait rare pour un site médiéval en France. Sur le site archéologique, véritable chantier de fouilles à ciel ouvert, les visiteurs peuvent découvrir ce qui a suscité autant d’intérêt de la part de la communauté scientifique.

Reconstitution 3D du monastère du 9ème siècle. Illustration : V. Bardel / Infographie : A. Brun et Y. Bernard (CNPAO) / Reconstitution : A. Bardel & R. Pérennec, archéologues

Les fondations du monastère du 9e siècle sont encore visibles aujourd’hui dans les fosses creusées par les archéologues. Les soubassements de l’église, la tombe de saint Guénolé, les bâtiments d’habitation des moines, les piliers de la galerie couverte qui entouraient la cour intérieure sont les seuls vestiges en Europe d’un monastère complet de cette époque.

Partout sur le site, la superposition des fondations des bâtiments des différentes périodes, montre comment le mode de vie des moines a évolué au fil des siècles.

 

Un musée pour 1500 ans d’histoire

Le musée parcourt l’histoire du site de sa fondation au 5e siècle jusqu’au retour des moines dans les années 1950, soit 15 siècles d’histoire bretonne.

Grâce à des reconstitutions, le musée présente l’évolution des bâtiments pour accompagner le visiteur dans la découverte du site. A travers l’histoire du monastère, c’est l’histoire de la Bretagne qui se dévoile : migrations des « Bretons » en Armorique et naissance de la « petite » Bretagne, expansion de la vie monastique en Occident, rayonnement culturel des monastères au siècle de Charlemagne, invasions normandes, grandeurs et vicissitudes de la vie monastique du Moyen Age à nos jours dans une Bretagne en constant changement.

Des fac-similés de manuscrits, un pavement du 10e siècle, un sarcophage en chêne du 9e siècle unique en Europe, un atelier d’écriture médiéval reconstitué et de nombreux objets découverts en fouilles accompagnent le visiteur dans la découverte de cette histoire mouvementée.

 

 

Extrait de la Vie de saint Guénolé, 9e siècle 
«  L’hymne achevé, ils s’engagèrent à même la vaste forêt qui s’étendait sur le rivage et, parcourant le vallon qui de loin leur était apparu, ils y découvrirent un espace entouré de coteaux et de bois, façonné comme le creux d’une fronde. C’était un endroit parfaitement calme, ceint de bois et buissons, roches acérées et hautes collines d’un côté, et de l’autre venant mourir sur la mer et la rivière.
C’est un lieu extrêmement agréable, exposé au soleil, inaccessible à tous les vents, sauf un peu le vent d’Est ; comme un paradis magnifiquement tourné vers le soleil levant… un jardin orné de fleurs de toutes sortes de couleurs, où récolter les fruits non seulement de la terre mais encore et surtout du ciel »